Grosse colère
Un classique pour observer comment une émotion très intense peut prendre toute la place puis progressivement redescendre.
Voir la fiche livre →Des histoires pour apprendre que tout n'est pas toujours possible... tout de suite.
La frustration apparaît lorsqu'un désir rencontre une limite : un jouet n'est pas disponible, il faut attendre, l'adulte dit non, une construction ne tient pas ou l'enfant n'arrive pas encore à faire ce qu'il avait imaginé.
Pour le jeune enfant, cette expérience peut être très intense. Son désir est immédiat alors que sa capacité à attendre, à renoncer ou à chercher une autre solution est encore en construction.
L'objectif n'est pas de supprimer toute frustration, mais d'aider l'enfant à découvrir qu'il peut la traverser sans être seul.
Un enfant frustré n'est pas nécessairement un enfant à qui l'on a mal posé les limites. La frustration fait partie de la vie : tout n'est pas disponible, possible ou immédiat.
Protéger l'enfant de toute frustration l'empêcherait aussi de faire l'expérience de l'attente, de l'effort, de l'adaptation et de la recherche de solutions.
La frustration peut provoquer de la colère, des pleurs, de l'opposition ou un découragement important. Mais elle désigne d'abord l'écart entre ce que l'enfant voulait et ce qui est possible.
Tu voulais vraiment continuer à jouer. C'est difficile de s'arrêter alors que tu en avais encore envie.
Reconnaître ce que l'enfant ressent ne signifie pas changer la règle.
Je vois que tu es très déçu. Tu voulais ce jouet. Pour le moment, c'est encore le tour de Léa.
L'adulte peut accueillir l'émotion et conserver en même temps un cadre stable.
La frustration apparaît aussi face aux apprentissages. Un puzzle résiste, une fermeture ne se ferme pas, une tour s'écroule.
Intervenir trop vite peut empêcher l'enfant d'expérimenter. Le laisser seul trop longtemps peut, au contraire, transformer l'expérience en découragement.
Tu veux essayer encore un peu ou tu veux que je t'aide juste pour cette partie ?
Attendre est une compétence qui se construit progressivement. Pour un jeune enfant, « tout à l'heure » ou « bientôt » restent très abstraits.
On peut rendre l'attente plus concrète : après la chanson, quand le minuteur sonne, après que l'autre enfant a terminé, après le repas.
Dans les conflits autour des objets, le tour de rôle est souvent plus compréhensible que l'injonction « partage ! ».
Tu joues encore avec. Quand tu auras terminé, ce sera son tour.
Un enfant peut crier, s'effondrer ou répéter sa demande avec beaucoup d'intensité. Il n'a pas nécessairement construit une stratégie pour faire céder l'adulte : il peut simplement être débordé.
Dans le moment de crise, les phrases courtes sont souvent les plus utiles.
Tu as le droit d'être très en colère. Je ne te laisserai pas me frapper.
Cette distinction permet à l'enfant de découvrir qu'il n'a pas besoin de faire disparaître son émotion pour rester dans la relation.
On peut revenir sur ce que vit le personnage sans transformer le livre en leçon : « Il voulait vraiment réussir », « Elle doit attendre », « Il est déçu que ce ne soit pas possible ».
Si l'enfant fait spontanément un lien avec sa propre vie, on peut l'écouter. Sinon, l'histoire peut simplement rester une histoire.
Sélection
Les couvertures éditoriales ne sont pas reproduites sur le site. Les références sont présentées par leur titre et leurs auteurs.
Un classique pour observer comment une émotion très intense peut prendre toute la place puis progressivement redescendre.
Voir la fiche livre →Un album interactif qui permet de jouer avec la colère et l'apaisement.
Référence citée dans cette ficheUne histoire qui offre une entrée intéressante autour du refus, des intentions et des malentendus.
Référence citée dans cette ficheUn récit précieux autour des désaccords et de la manière dont la relation peut évoluer après un conflit.
Référence citée dans cette ficheUn album qui valorise l'imagination, l'essai et la capacité à transformer une situation.
Référence citée dans cette fiche